Deux Anceniens à Mayotte
Aujourd'hui, je laisse la parole à ma maman qui vous raconte les impressions de son séjour.
"Tous ceux qui nous ont invités à Mayotte ont commencé par nous demander quelles étaient nos premières impressions. Donc, je pense que vous aimeriez aussi les connaître.
En quelques mots, cette île, surgie de la mer et non pas dérivée d’un continent, ne cesse de surprendre par son originalité et ses paradoxes (cf l’intitulé de ce blog !).
Plus on vous explique, plus ça paraît complexe, étant donné l’histoire cahotique de cette île, son statut actuel particulier.
Les revendications pour obtenir la départementalisation tant souhaitée paraissent à priori compréhensibles, mais alors, que penser de l’afflux massif des clandestins qui ne pourra que s’amplifier ? Pas simple du tout !
Heureusement, il y a encore de quoi admirer : la beauté des coraux ; la variété des poisssons aux couleurs si fascinantes qu’on ne voit pas passer le temps sous l’eau ; le rite émouvant des tortues qui continuent, inlassablement, depuis des siècles, à venir pondre leurs œufs après avoir creusé 2 trous, le faux et le vrai ; leur énergie pour repartir malgré leur immense fatigue ; la grâce des makis sauvages qui vous tombent dans les bras ; le foisonnement végétal…et puis, toujours, au-delà de ce vert omniprésent contrastant avec le rouge de la terre latérite, ce bleu -lagon de rêve !
Bien-sûr, en une douzaine de jours, on ne peut avoir qu’un aperçu. Mais nous avons eu la chance d’être bien guidés par Ariane qui nous a permis d’admirer « l’incontournable », mais aussi de rencontrer des personnes de diverses catégories sociales. D’accord, elle était pas toujours patiente avec ses pauvres parents ramollis, mais bon !..
Dans l’ensemble, on a vraiment plus l’impression d’être en Afrique qu’en France. Mais par rapport à ce que je connais de l’Afrique de l’Ouest, j’ai été frappée par l’élégance et la beauté des femmes dans leur salouva traditionnelle, leur façon très digne de se tenir quelle que soit la chaleur, de ne pas marcher en traînant les pieds ; on sent l’influence indienne. Et toujours ces sourires magnifiques !…Ce que je trouvais fascinant, aussi, c’est la variété des communautés et des cultures qui se côtoient.
Mais, de retour à Paris au petit matin, alors que je portais mon regard ensommeillé autour de moi, j’ai réalisé que la France de métropole était drôlement colorée aussi ! Finalement, est ce que, maintenant, l’étrangeté ne se trouverait pas plutôt du côté de cette France semi- rurale des bords de Loire ?… Dame, avoir fait tout ce parcours pour « découvrir »ça !…"
Je rajoute un aparté rapide sur ma plongée de samedi dernier.
Les alizés ont commencé à souffler, il y avait donc trop de houle pour qu'on aille jusqu'au récif du jour tous dans la même pirogue. On a donc fait le trajet en deux fois et les premiers (dont moi) ont barboté autour du récif un bon moment. Après on a fait les habituels exercices avant de plonger. Tout ça pour dire qu'avant de descendre j'étais bien fatiguée et bien essoufflée aussi...et panique, impossible de descendre même à 1m, j'ai du remonter sur le bateau ! Mais pour ne pas faire la même bêtise qu'en moto, le mono m'a fait replonger une demi heure plus tard, juste 15 min pour que je puisse plonger sans trop d'appréhension le week-end suivant. Espérons que la prochaine se passe mieux !
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